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Arthrose du genou : les mouvements à éviter (et ceux à privilégier)

Gérer une arthrose du genou ne veut pas dire arrêter de bouger, bien au contraire. Certains mouvements entretiennent la douleur et l’usure articulaire, d’autres la protègent. Voici lesquels éviter, lesquels privilégier au quotidien, et pourquoi le mouvement reste ton meilleur allié contre l’arthrose.

Contrôle du mouvement du genou pendant un exercice de rééducation

Tu n’as pas encore de diagnostic confirmé ?

Cette page part du principe que ton arthrose (ou arthropathie) du genou est confirmée ou fortement suspectée, et va directement à l’essentiel : quels mouvements adopter au quotidien, lesquels éviter. Si tu cherches d’abord à identifier la cause de ta douleur de genou, sans certitude sur le diagnostic, commence plutôt par ce guide qui t’aide à repérer la cause probable selon la localisation exacte de ta douleur, que ta gêne apparaisse en pliant le genou ou en le tendant. Et si tu veux comprendre en détail ce qu’est l’arthrose du genou, ses stades d’évolution et ses causes, direction notre page dédiée à l’arthrose (arthropathie) du genou.

Pourquoi bouger reste essentiel avec de l’arthrose du genou

Le réflexe le plus naturel face à une articulation qui fait mal, c’est de la reposer. Avec l’arthrose, ce réflexe est pourtant l’un des pires que tu puisses avoir : le repos prolongé n’entretient pas seulement la raideur, il aggrave la situation.

Le cartilage n’a pas de vaisseaux sanguins propres : il se nourrit presque exclusivement par le mouvement, qui fait circuler le liquide synovial et lui apporte les nutriments dont il a besoin.[1] Un genou trop peu sollicité voit son cartilage moins irrigué, ses muscles environnants s’affaiblir, et l’articulation devenir encore plus sensible à la moindre charge. C’est un cercle qui s’auto-entretient : moins tu bouges, plus le genou devient fragile, et plus il devient fragile, moins tu as envie de bouger.

À l’inverse, un mouvement régulier et bien dosé entretient la mobilité articulaire, renforce les muscles qui protègent le genou (en particulier le quadriceps) et améliore la tolérance de l’articulation à l’effort. Ce n’est pas une intuition : c’est aujourd’hui l’un des messages les mieux établis dans la prise en charge de l’arthrose, qui a remplacé l’ancien conseil de « ménager » l’articulation.[2]

Info kiné

ce n’est pas le mouvement qui use le cartilage arthrosique, c’est l’absence de mouvement bien dosé. Le bon réflexe n’est pas de moins bouger, mais de mieux choisir comment tu bouges.

Mouvements à éviter et mouvements à privilégier

La gestion de l’arthrose du genou est en réalité assez contre-intuitive : il ne s’agit pas de bouger moins, mais de bouger différemment. Certains mouvements sollicitent l’articulation d’une façon qu’elle tolère mal en phase douloureuse, d’autres l’entretiennent sans l’agresser.

Illustration d'une articulation du genou enflammée, zone douloureuse mise en évidence

Les mouvements à éviter (ou à fortement adapter)

  • La flexion profonde en charge répétée (squats profonds, fentes profondes, s’accroupir avec du poids) : plus le genou plie profondément sous charge, plus la pression exercée sur le cartilage fémoro-patellaire est élevée.[3] Sur un cartilage déjà usé, cette compression répétée entretient l’inflammation et la douleur.
  • La torsion du genou fléchi (pivots, changements de direction brusques genou plié, certains sports de raquette ou de ballon) : ce mouvement génère des contraintes de cisaillement sur des surfaces articulaires déjà fragilisées, avec un risque de micro-lésions supplémentaires.
  • Les impacts répétés à haute intensité sur sol dur, en poussée douloureuse (course sur bitume à allure soutenue, sauts répétés, réceptions) : chaque appui transmet une force plusieurs fois supérieure au poids du corps à travers le genou. Tant que l’articulation reste franchement douloureuse, ce type d’impact répété entretient l’irritation plus qu’il ne la soulage.
  • La position accroupie prolongée (jardinage, bricolage au sol, certains gestes du quotidien) : maintenir une flexion importante pendant de longues minutes prolonge la compression sur le cartilage, avec un effet cumulatif comparable à la charge répétée.
  • L’arrêt total et prolongé de toute activité : à l’opposé, ne plus du tout solliciter le genou par excès de prudence entretient la raideur, affaiblit le quadriceps et rend l’articulation encore moins tolérante à l’effort dès que tu la remets en charge.
Squat avec charge, mouvement de flexion profonde à adapter en cas d'arthrose du genou

Les mouvements à privilégier

  • Le vélo, en terrain plat et avec une selle correctement réglée : un mouvement circulaire, sans impact, qui mobilise le genou sur une grande amplitude sans le comprimer.
  • La natation et l’aquagym : la portance de l’eau retire une grande partie du poids du corps de l’équation, ce qui permet de bouger l’articulation librement et sans douleur, même en phase aiguë.
  • La marche régulière, adaptée en durée et en terrain (privilégier les surfaces planes et souples aux descentes prolongées) : un mouvement à faible impact qui entretient la mobilité et la circulation du liquide synovial.
  • Le renforcement musculaire en chaîne fermée, à amplitude contrôlée (par exemple des squats partiels sans dépasser 90° de flexion, de la presse à faible amplitude) : ce type de renforcement sollicite le quadriceps efficacement sans imposer au cartilage les contraintes d’une flexion profonde. Notre page sur le renforcement musculaire en rééducation détaille cette logique de progression par l’amplitude et la charge.
  • Le travail de mobilité articulaire, en douceur et hors des phases douloureuses, pour entretenir l’amplitude du genou sans le forcer : voir notre page sur la mobilité articulaire.

Astuce kiné

une règle simple pour trier tes mouvements : si une activité provoque une douleur qui persiste plus de 24 heures après l’effort, c’est qu’elle dépasse ce que ton genou tolère aujourd’hui. Une gêne modérée pendant l’effort, qui s’efface rapidement, n’est en revanche pas un signal d’alarme.

Adapter ton activité au quotidien

Dans la pratique, la plupart des sportifs n’ont pas besoin d’abandonner leur sport de prédilection, mais d’en adapter le dosage. Si tu es coureur par exemple, l’arthrose du genou ne signe pas forcément la fin de la course à pied : beaucoup continuent à courir en réduisant le volume, en choisissant des terrains plus souples et en surveillant leur tolérance séance après séance, plutôt qu’en arrêtant complètement.

Marche rapide, activité à faible impact à privilégier en cas d'arthrose du genou

La règle qui fonctionne le mieux est celle de la charge progressive : augmenter l’intensité ou le volume d’une activité par petits paliers, en observant la réaction du genou dans les 24 à 48 heures qui suivent, plutôt que de te fier uniquement à la douleur ressentie pendant l’effort. C’est exactement cette logique d’ajustement quotidien, selon ton ressenti, que suit un programme HOPP bien mené.

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Quand consulter avant d’adapter tes mouvements toi-même

Dans la grande majorité des cas, l’arthrose du genou se gère très bien en adaptant progressivement tes mouvements, sans passer par un avis médical préalable. Certains signes doivent toutefois t’amener à consulter avant d’aller plus loin :

  • Un gonflement franc et persistant de l’articulation, qui ne diminue pas avec le repos relatif
  • Un blocage articulaire net, avec impossibilité de plier ou déplier complètement le genou
  • Une douleur nocturne qui te réveille régulièrement, en dehors de toute activité
  • Une aggravation progressive malgré une adaptation sérieuse de tes activités sur plusieurs semaines
  • Une sensation d’instabilité marquée, comme si le genou risquait de céder

Ces signes nécessitent une évaluation médicale, avec au besoin une imagerie, pour préciser le stade de l’arthrose et écarter une autre cause associée avant de poursuivre l’adaptation de ton activité.

F.A.Q

Faut-il arrêter complètement le sport avec une arthrose du genou ?

Non, et c’est même contre-productif dans la majorité des cas. L’arrêt total affaiblit les muscles qui protègent l’articulation et prive le cartilage du mouvement dont il a besoin pour rester nourri. Mieux vaut adapter les mouvements les plus douloureux tout en gardant une activité régulière à faible impact.

Quels sont les mouvements à éviter en cas d’arthrose du genou ?

Les mouvements qui combinent une forte charge et une amplitude importante sont les plus à risque : flexion profonde en charge répétée, torsion du genou fléchi, ou impacts répétés sur sol dur pendant une poussée douloureuse. Ce n’est pas le mouvement en lui-même qui pose problème, mais sa répétition à une intensité que l’articulation ne tolère pas encore.

La course à pied est-elle interdite avec une arthrose du genou ?

Pas forcément. Beaucoup de sportifs continuent à courir avec une arthrose débutante, en adaptant le volume, le terrain et l’allure selon leur tolérance. Le vélo, la natation ou la marche restent des alternatives à privilégier en phase douloureuse ou en complément.

Pourquoi bouger fait-il du bien à un genou arthrosique ?

Parce que le cartilage se nourrit par le mouvement : chaque flexion-extension fait circuler le liquide synovial qui l’irrigue. Bouger entretient aussi la force musculaire autour du genou, ce qui réduit les contraintes supportées directement par l’articulation.

Thibault Vignais, kiné du sport

Contenu rédigé par Thibault Vignais

Kiné du sport et ostéopathe, cofondateur de HOPP

Slogan HOPP : Get back in the game

Références scientifiques

  1. Anatomy, Cartilage. StatPearls, NCBI Bookshelf, National Library of Medicine (NIH). ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK532964
  2. Fransen M, McConnell S, Harmer AR, Van der Esch M, Simic M, Bennell KL. Exercise for osteoarthritis of the knee: a Cochrane systematic review. British Journal of Sports Medicine, 2015;49(24):1554-1557. PubMed : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26405113
  3. Wallace DA, Salem GJ, Salinas R, Powers CM. Patellofemoral Joint Kinetics While Squatting with and without an External Load. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2002;32(4):141-148. PubMed : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11949662

Cette page s’appuie sur des publications scientifiques revues par des pairs. Elle reste un outil d’auto-évaluation générale et ne remplace pas un avis médical.